Le confusionnisme
Quand une colère d’émancipation reçoit une destination réactionnaire
Une banque licencie. Un gouvernement ment. Un propriétaire de médias impose ses intérêts. Une armée tue des civils. Chacun de ces faits appelle des noms, des décisions, des institutions et des preuves.
Ces noms disparaissent dans une autre langue politique. Philippe Corcuff en a décrit la formation d’ensemble : la désagrégation des repères politiques stabilisés autour du clivage gauche-droite et le développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale. L’antisémitisme y tient une place particulière.
Le remplacement suit un ordre régulier. Les acteurs distincts deviennent « le Système », leurs conflits deviennent un scénario, puis un groupe humain donne un visage à l’abstraction. Très souvent, ce visage est juif. La colère n’a pas disparu. Elle a perdu son objet et trouvé une cible.
La définition de Corcuff
Dans La grande confusion, Philippe Corcuff donne au mot un sens politico-idéologique précis. Le confusionnisme est « le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques » stabilisés autour du clivage gauche-droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale. Cette trame favorise, dans la conjoncture qu’il étudie, l’extension de thèmes et de postures venus de l’extrême droite.
Les mots comptent tous. Corcuff décrit une formation discursive et ses circulations, pas la fusion des extrêmes, une doctrine commune ou une conspiration. Il inclut les droites et les gauches modérées dans le champ. Son « aimantation » par des thèmes d’extrême droite reste une « orchestration sans chef d’orchestre », susceptible de désaimantations datées. Il en fournit lui-même le contre-cas, la « désaimantation conjoncturelle » du premier tour de 2017, où l’association entre immigration et sécurité déborde peu les discours de Marine Le Pen. Une aimantation qui connaît des désaimantations datables est falsifiable. Le confusionnisme est chez lui un idéal-type : un outil pour comparer des configurations, pas une essence attachée aux personnes.
Son analyse suit notamment la dissociation entre critique sociale et émancipation. Une colère peut rester bruyante, anticapitaliste ou anti-impérialiste tout en cessant de viser l’égalité, la liberté et la sortie des dominations. Le contre-pied du « politiquement correct » tient alors lieu de preuve : une proposition paraîtrait vraie parce qu’elle scandalise l’adversaire désigné.
Appliqué à l’antisémitisme, ce cadre fait ressortir trois opérations présentes dans certains des cas étudiés par Corcuff : une colère fondée change de cause sans preuve ; une abstraction reçoit une volonté puis un visage collectif ; la destination proposée devient l’exclusion, la purge ou la restauration d’un ordre. Ce foyer antisémite est une partie du confusionnisme, dont les objets, les milieux et les circulations sont beaucoup plus larges.
Le mot devient paresseux lorsqu’il range une critique dans le mauvais camp parce qu’un adversaire partage sa cible. Un syndicat et l’extrême droite peuvent dénoncer la même fermeture d’usine. L’un décrit la propriété, les commandes et les emplois. L’autre accuse l’étranger. La cible commune cache ici deux politiques opposées.
Le mot ne remplace jamais la pièce
« Rouge-brun », « récupérable » et « confusionniste » ne sont pas des preuves autosuffisantes. Le diagnostic doit montrer la circulation, la dissociation entre critique et émancipation, ou l’aimantation qu’il affirme. Si aucune pièce ne peut être citée, il n’y a qu’un soupçon de voisinage. À l’inverse, une circulation documentée ne devient pas imaginaire parce que son auteur se dit de gauche.
Le diagnostic exact de Corcuff sur l’antisémitisme à gauche
Corcuff récuse la formule de Manuel Valls selon laquelle antisémitisme et antisionisme uniraient mécaniquement extrême gauche et extrême droite. Ses observations situent l’antisémitisme à la marge de la gauche radicale organisée, avec davantage d’échos dans certaines périphéries sympathisantes à travers des usages de l’antisionisme et du nom Rothschild. Son diagnostic principal est une relativisation de l’antisémitisme et une perte de vigilance à son égard.
Le livre donne à cette relativisation des pièces précises. La LCR puis le NPA s’éloignent des mobilisations après le meurtre d’Ilan Halimi en 2006 et les assassinats de Toulouse en 2012. En 2017, Gérard Filoche republie un photomontage antisémite provenant du site de Soral, le retire quarante minutes plus tard et présente ses excuses. L’erreur individuelle est corrigée ; une partie de la défense collective transforme ensuite l’antisémitisme du montage en détail derrière le récit d’un « lynchage médiatique ». Corcuff examine aussi la métaphore de Frédéric Lordon présentant l’accusation d’antisémitisme comme une « bombe atomique » autodisqualifiée par ses usages.
Voilà l’usage rigoureux du mot : repérer des passages, des cadrages et une dissociation entre critique sociale et émancipation. L’antisémitisme marginal en nombre peut devenir décisif comme point de passage lorsque sa contestation est reclassée en police bourgeoise, sioniste ou médiatique. Le confusionnisme décrit alors la configuration qui rend cette circulation pensable ; chaque énoncé antisémite reste qualifié par son contenu propre.
Pourquoi l’antisémitisme est un carrefour si efficace
L’antisémitisme possède une propriété politique singulière : il peut traduire presque n’importe quel conflit dans une langue déjà disponible. La banque devient Rothschild. Le cosmopolitisme devient absence de racines. Une organisation juive devient le gouvernement caché d’un gouvernement. Le sionisme devient la cause de la finance, des guerres, des médias, du racisme, du féminisme ou de l’immigration.
Le procédé offre trois satisfactions à la fois. Il conserve la colère sociale, promet une explication totale et désigne un coupable humain. Mais il détruit précisément ce que la critique prétendait accomplir. Des contrats, des budgets, des chaînes de commandement et des conflits d’intérêts disparaissent. À leur place arrive un groupe supposé coordonné par nature.
Moishe Postone a décrit cette personnification dans l’antisémitisme national-socialiste : les Juifs incarnent la domination abstraite du capital, tandis que le travail, l’industrie et la nation sont présentés comme concrets et sains. La révolte peut alors préserver le capitalisme réel tout en prétendant abattre ses maîtres. Quand le capitalisme prend un visage expose ce mécanisme et ses limites.
Le sujet critiqué ne fixe jamais le seuil. Une banque, Israël, l’OTAN, une guerre ou la concentration des médias sont des objets politiques ordinaires. Le seuil antisémite est franchi lorsqu’un groupe juif, réel ou codé, reçoit une puissance collective cachée que les pièces n’établissent pas.
Cinq relations, cinq preuves
| Relation | Ce qui l’établit | Portée exacte |
|---|---|---|
| Ressemblance | Deux formulations ou opérations comparables | Comparaison de contenu, sans relation d’auteur établie |
| Réception | Un public ou un adversaire s’approprie une pièce | Acte du public, distinct de la position de l’auteur |
| Relais | Une personne republie ou recommande une pièce identifiable | Endossement de la pièce relayée |
| Influence | Une lecture et une transformation repérables | Emprunt transformé, avec écarts et continuités |
| Filiation | Une continuité revendiquée ou organisée | Continuité de l’organisation ou du courant documenté |
Sauter de la ressemblance à la filiation fabrique une culpabilité par voisinage. Refuser tout passage tant qu’une filiation complète n’est pas avouée produit l’erreur inverse. Republier, collaborer, reprendre en transformant sont des actes, et l’on peut les conclure sans inventer davantage.
1840 : la critique sociale fabrique elle-même son Juif
« L’antisémitisme, c’est le socialisme des imbéciles. »
La formule est souvent prêtée à August Bebel, qui reprenait les mots du député autrichien Ferdinand Kronawetter. Elle dit en une phrase le danger que ce dossier documente. Même son attribution demande vérification.
Le premier dossier ne raconte aucune infiltration de la gauche par la droite. Il est plus gênant : des socialistes ont produit leurs propres représentations antisémites.
En 1829, dans Le Nouveau Monde industriel, Charles Fourier demande de ne plus admettre les Juifs « qu’en proportion d’un centième pour le vice, une famille marchande pour cent familles agricoles et manufacturières ». En 1843, Pierre Leroux écrit qu’il ne vise pas les Juifs mais « l’esprit juif », défini comme esprit de gain et de lucre. En 1845, Alphonse Toussenel, disciple de Fourier, ouvre Les Juifs, rois de l’époque par une définition. « J’appelle, comme le peuple, de ce nom méprisé de Juif tout trafiquant d’espèces, tout parasite improductif, vivant de la substance et du travail d’autrui. Juif, usurier, trafiquant sont pour moi synonymes. » Le 26 décembre 1847, Proudhon écrit dans ses Carnets : « Le Juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer. »
Michel Dreyfus refuse une filiation directe de ces textes vers le nazisme et rappelle le poids d’autres lignées chrétiennes, nationalistes et racialistes. Leur contenu propre est sans ambiguïté : une critique du capitalisme a remplacé les rapports économiques par « le Juif », puis tiré de cette substitution une politique d’expulsion ou d’extermination.
Ce n’est pas une confusion involontaire. C’est une destination réactionnaire produite depuis le vocabulaire socialiste lui-même.
L’affaire Dreyfus ferme la séquence. La plupart des socialistes et des anarchistes se mettent alors à combattre les antisémites en ennemis de la République, et ceux qui persistent prennent désormais « toujours la précaution d’affirmer qu’ils ne sont pas antisémites ». La dénégation naît là, résidu d’une défaite politique, et la formule protectrice de Leroux reçoit sa date de généralisation.
1952 : « juif » devient « sioniste » dans la salle d’interrogatoire
Au procès de Prague de novembre 1952, quatorze dirigeants communistes sont jugés. Onze sont juifs. Artur London rapporte dans L’Aveu que son interrogateur remplace le mot « juif » par « sioniste » :
« Nous sommes dans l’appareil de sécurité d’une démocratie populaire. Le mot juif est une injure. C’est pourquoi nous écrivons sioniste. »
La substitution n’est pas une interprétation postérieure. Elle est effectuée par l’appareil qui fabrique les aveux. En janvier 1953, la campagne des « blouses blanches » accuse des médecins juifs d’espionnage pour l’impérialisme américain. L’Humanité relaie l’article de la Pravda. Dans les Cahiers du communisme, Annie Besse écrit que « la qualité de juif prédispose à devenir un espion au service de l’impérialisme ».
Ici, la langue anti-impérialiste ne dissimule pas seulement un préjugé. Elle accomplit l’accusation. La judéité prédispose au crime, tandis que le mot « sioniste » permet de présenter la purge comme une mesure politique. Lorsque Moscou abandonne l’affaire après la mort de Staline, le fait est corrigé. La grammaire du complot extérieur demeure. L’Humanité du 8 avril 1953 l’enregistre en une seule phrase, qui tient l’affaire pour une « provocation » tout en ajoutant que « l’attitude de la presse réactionnaire du monde entier et des trotskistes du type Franc-Tireur révèle jusqu’à l’évidence les origines de l’affaire ».
1967 à 1995 : le négationnisme emprunte plusieurs adresses
Le négationnisme français permet d’observer des passages matériels plutôt qu’une vague convergence.
En 1967, François Duprat publie « Le mystère des chambres à gaz » dans Défense de l’Occident. Dans les années 1970, il appartient à la direction du Front national et organise, par ses revues et leur service de librairie, la diffusion de textes négationnistes. C’est une production et une filière d’extrême droite.
En avril-juin 1960, la revue bordiguiste Programme communiste publie sans signature « Auschwitz ou le grand alibi », qui explique l’extermination des Juifs par les seuls besoins du capitalisme. En octobre 1978, Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire aux Questions juives de Vichy, déclare dans L’Express qu’à Auschwitz « on n’a gazé que des poux ». Le groupe bordiguiste republie alors le texte de 1960 pour contrer, écrit-il, les effets de l’entretien. Les propos d’un homme de Vichy permettraient à la démocratie française « de se refaire une virginité, de cacher la réalité de l’impérialisme sous un flot de verbiage antiraciste, humaniste et démocratique et de détourner la colère du prolétariat et des masses opprimées de la cause réelle des massacres, les rapports capitalistes de production et l’État qui les défend ». Aucun mot de cette phrase n’est emprunté à l’extrême droite, et la colère y est intacte. L’indignation contre le négationnisme d’un homme de Vichy devient elle-même une manœuvre bourgeoise, et l’extermination des Juifs cesse d’avoir besoin d’une explication propre.
À partir de 1978, Pierre Guillaume, fondateur de la librairie d’ultragauche La Vieille Taupe, réédite Paul Rassinier, soutient Robert Faurisson et publie son Mémoire en défense en 1980. En 1995, le même éditeur publie Les Mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy. Garaudy est condamné en France en 1998, au terme d’une affaire portée à l’échelle nationale par le soutien de l’abbé Pierre, pas par un appareil politique. En 2003, la Cour européenne des droits de l’homme juge sa requête irrecevable : la négation de faits historiques clairement établis relève de l’abus de droit.
Michel Dreyfus estime le noyau lié à La Vieille Taupe à quelques dizaines de personnes, parfois moins. Cette mesure délimite le phénomène sans en effacer la circulation : les mêmes producteurs, textes et éditeurs ont relié une matrice d’extrême droite à une adresse d’ultragauche, puis à un ancien dirigeant communiste. Le passage est éditorial, daté et nommable.
La justification apporte le noyau confusionniste. L’antifascisme serait l’alibi de la bourgeoisie. La Shoah ne demanderait aucune explication propre puisque le capitalisme expliquerait tout. Contester le négationnisme reviendrait alors à servir l’ordre dominant. Une théorie qui prétendait radicaliser l’analyse a organisé l’impossibilité de regarder un crime antisémite.
La séquence a une fin datée. À partir de la fin des années 1990, écrit Michel Dreyfus, « la notion même d’un négationnisme “de gauche” disparaît ». Philippe Corcuff avait publié dès 2000 une critique frontale de ce négationnisme d’ultragauche. Le milieu a fini par trancher, ce qui donne sa mesure à la période où il ne tranchait pas.
2007 : Soral industrialise la jonction
Alain Soral n’a pas seulement réuni des personnes venues de camps différents. Il a construit une doctrine : « gauche du travail, droite des valeurs ». Au vocabulaire de classe, de banque, d’impérialisme et de Palestine, il a joint la nation, la hiérarchie, la virilité et la famille. Le « lobby sioniste » et la « communauté organisée » fournissaient le lien entre tous les objets.
Cette fois, la destination est déclarée. Soral adhère au Front national, entre à son comité central en 2007 et fonde Égalité et Réconciliation pour organiser une « réconciliation nationale ». La politisation promise conduit à la nation hiérarchique, pas à la transformation des rapports sociaux.
Dieudonné lui donne une langue de socialisation : spectacles, quenelle, « ananas », initiation par le rire. Au Zénith, le 26 décembre 2008, il fait acclamer Robert Faurisson et lui remet un prix. Chaque élément peut ensuite être reclassé comme blague. L’ensemble enseigne pourtant une règle : les initiés comprennent, les autres prennent tout au premier degré.
Ce que les années Soral ont laissé examine la doctrine, ses supports et les traces documentées de son exposition. Le dossier établit la filiation pour Soral et son organisation. Les ressemblances contemporaines restent des convergences jusqu’à la découverte d’un emprunt ou d’un relais.
Une récupération ne fabrique pas un héritier
Le 25 octobre 2023, l’éditorial de Rivarol salue le « courage » de Jean-Luc Mélenchon et le déclare « diabolisé comme l’était hier Le Pen ». Cette réception documente la stratégie de récupération de Rivarol. Un contact, un accord ou une filiation demanderait un acte de Mélenchon.
Le journal reste un producteur actif d’antisémitisme. D’après le signalement de l’Observatoire juif de France, son numéro du 2 juillet 2025 emploie l’expression « génocide casher à Gaza » et met en doute le massacre de Babi Yar. La Palestine, la négation du massacre des Juifs et l’inversion accusatoire cohabitent dans le même organe. Cette pièce qualifie Rivarol et sa tentative de récupération.
L’erreur confusionniste peut donc contaminer son propre diagnostic : juxtaposer un éloge de Rivarol et une parole de gauche afin de suggérer une filiation absente reproduit le remplacement de la preuve par un scénario.
Assignez, assignez, il en restera toujours quelque chose (mais pas de la pensée) !
L’étiquette est souvent appliquée à des personnes avant leurs propositions. Cette méthode produit des listes d’infréquentables, pas une critique. Elle protège aussi les procédés antisémites dès qu’ils viennent d’un camp autorisé : si l’auteur est antifasciste, antiraciste ou pro-palestinien, le mot « confusionnisme » serait par définition impossible.
C’est faux dans les deux sens. Une critique exacte ne devient pas réactionnaire parce qu’un fasciste la répète. Une accusation collective ne devient pas émancipatrice parce qu’un militant antiraciste la formule. Le camp ne remplace jamais l’analyse de l’énoncé.
Le test qui tranche
Prenez la proposition finale au sérieux. Après la dénonciation des banques, des médias, de l’impérialisme ou d’Israël, qui doit faire quoi ? Changer une règle, une propriété, un budget ou une chaîne de commandement ? Ou exclure un groupe, soumettre sa parole à un test de loyauté, purger une culture et restaurer un ordre national ? La destination révèle ce que le vocabulaire de départ pouvait cacher.
Refaire le trajet
Avant d’employer le mot, il faut pouvoir répondre à six questions :
- Quel fait réel déclenche la colère ?
- Quelle cause documentée est abandonnée en chemin ?
- Quelle abstraction reçoit une volonté ?
- Quel groupe, quelle personne ou quel code lui donne un visage ?
- Par quel acte la formule circule-t-elle ?
- Quelle politique devient pensable à l’arrivée ?
Aucune de ces questions n’admet une étiquette pour réponse. Dans les dossiers réunis ici, en 1840, à Prague en 1952, dans la filière qui va de Duprat à Garaudy et dans la doctrine que Soral a construite, l’antisémitisme n’est pas une bavure latérale. C’est l’opération par laquelle un rapport social devient un complot et une politique d’émancipation une recherche de l’ennemi intérieur.
Sources et prolongements
- Philippe Corcuff, La grande confusion, Textuel, 2021, notamment introduction et chapitres 1, 2 et 7. Sa définition de la désagrégation des repères gauche-droite et des passerelles discursives, son usage de l’idéal-type, la séparation entre critique sociale et émancipation, ainsi que les notions d’aimantation et de désaimantation forment le cadre de l’article. Ses usages comme simple police de camp sont jugés contre ses propres critères.
- Michel Dreyfus, L’antisémitisme à gauche. Histoire d’un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2009. Il documente Fourier, Leroux, Toussenel, Proudhon, le procès de Prague, les blouses blanches, Rassinier, La Vieille Taupe, Faurisson et Garaudy, ainsi que les ordres de grandeur du noyau négationniste d’ultragauche.
- Moishe Postone, « Anti-Semitism and National Socialism », New German Critique, 1980.
- Gisèle Sapiro, « Le négationnisme en France », Revue de synthèse, 2004, p. 217 à 228, pour Rassinier, Duprat, Faurisson et La Vieille Taupe. Sur Duprat, voir aussi Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, François Duprat, l’homme qui inventa le Front national, Denoël, 2012.
- « Auschwitz ou le grand alibi », Programme communiste, no 11, 1960, texte intégral et note sur l’attribution disputée.
- Cour européenne des droits de l’homme, Garaudy c. France, décision d’irrecevabilité du 24 juin 2003.
- Aurélien Montagner, Le nationalisme conspirationniste soralien, une idéologie radicale et marginale de l’extrême droite française contemporaine, thèse de science politique, Université de Bordeaux, 2020.
- Cour européenne des droits de l’homme, M’Bala M’Bala c. France, décision du 20 octobre 2015, pour la scène du Zénith et les moyens de défense.
- Rivarol, no 3585, 25 octobre 2023, éditorial « Mélenchon diabolisé comme l’était hier Le Pen » (extrait public sur la page du numéro), et Le JDD, 24 octobre 2023, pour l’attribution de l’éditorial et le verbatim « courage ».
- Observatoire juif de France, plainte relative au numéro de Rivarol du 2 juillet 2025. Cette source établit le dépôt de plainte et reproduit les formulations. Elle ne vaut pas décision judiciaire sur ce numéro.