Instrumentalisation de la Shoah
Une fiche de lecture pour identifier le mécanisme, vérifier sa frontière et répondre sans automatisme.
Définition
Accuser quelqu’un de mobiliser la mémoire de la Shoah n’est pas automatiquement antisémite. Cette mémoire appartient à l’histoire, mais aussi à la vie publique : elle intervient dans des procès, des commémorations, des programmes scolaires, des réparations, des discours diplomatiques et des choix politiques. On peut étudier ces usages, les contester et parfois démontrer qu’un acteur précis s’en est servi. Le problème commence ailleurs.
L’accusation d’instrumentalisation de la Shoah franchit son seuil lorsqu’elle transforme cette mémoire en outil d’une stratégie juive collective. Le récit affirme alors que les Juifs, les survivants, leurs descendants ou leurs organisations exploiteraient délibérément le génocide pour obtenir de l’argent, du pouvoir, une protection contre la critique ou un avantage politique. Une institution ou une personne nommée peut aussi servir de mandataire : son acte supposé devient celui des Juifs, son intérêt devient leur intérêt, sa stratégie devient la leur.
Quatre éléments doivent être établis séparément :
- un objet, la Shoah, ses victimes, sa mémoire, sa commémoration, ses réparations ou un symbole qui la désigne sans équivoque ;
- un agent, individuel, institutionnel ou collectif ;
- une action stratégique alléguée, comme exploiter, fabriquer, exagérer, couvrir, faire chanter ou imposer le silence ;
- un bénéfice ou une finalité, comme l’argent, l’influence, l’immunité, le soutien politique ou la justification d’une conduite.
Si l’un de ces éléments manque, on ne le complète pas à l’intuition. La Shoah fut d’abord le génocide des Juifs d’Europe, mais cela ne signifie pas que toute personne qui la commémore agit au nom des Juifs, ni que tout bénéfice politique allégué leur profite collectivement. Il faut donc identifier qui agit, sans attribuer ses actes aux Juifs collectivement.
Une critique peut identifier un acteur, un usage de la mémoire et un bénéfice, et les documenter. Le caractère antisémite apparaît lorsque ces faits sont transformés en stratégie des Juifs collectivement. Il faut montrer cette généralisation dans le propos.
La frontière
Une mémoire publique produit des effets. Dire lesquels n’est ni une profanation, ni un soupçon par nature. Les sciences sociales étudient comment une catégorie mémorielle passe d’un pays à l’autre, comment une cérémonie façonne un récit national, comment un procès devient aussi un moment de transmission, comment un musée choisit ses objets ou comment un gouvernement invoque le passé. Une fonction politique observable n’est pas encore une manipulation, et une stratégie institutionnelle documentée n’est pas encore une stratégie juive cachée.
La vérification factuelle fait donc partie du seuil. « Ce ministre a invoqué Auschwitz dans ce discours pour défendre cette décision » est une proposition précise. On peut retrouver le discours, la décision et leur relation. « Israël brandit toujours la Shoah pour tout se permettre » change de forme : l’acteur devient total, la conduite permanente, le bénéfice illimité, et la preuve se réduit souvent à la certitude de celui qui parle. Ce passage d’échelle doit être démontré, pas ressenti.
Un cas nommé montre que la première proposition est démontrable. Le 20 octobre 2015, devant le 37e Congrès sioniste mondial à Jérusalem, Benjamin Netanyahou déclare que le mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini aurait convaincu Hitler d’exterminer les Juifs, Hitler n’ayant voulu, selon lui, que les expulser. L’énoncé est daté, public et faux au regard de l’état de la recherche : des historiens de la Shoah l’ont contesté ; la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 21 octobre que l’Allemagne assumait sa responsabilité dans la Shoah et qu’elle ne voyait « aucune raison de changer notre vision de l’histoire » ; et Netanyahou est revenu sur son propos dix jours plus tard, le 30 octobre 2015, en déclarant qu’il n’avait pas eu l’intention de dégager Hitler de sa responsabilité, que Hitler était responsable de la Solution finale et qu’il en avait pris la décision, tout en maintenant que le mufti l’y avait encouragé. On peut donc établir sur pièces qu’un responsable politique nommé a mobilisé la mémoire du génocide pour un usage présent, en mentionnant aussi sa rectification. Ce constat porte sur un chef de gouvernement, une déclaration et sa rectification. Il ne dit rien des Juifs, ni des Israéliens, ni d’une stratégie collective.
La même prudence vaut pour les organisations juives. Elles peuvent mener des campagnes, défendre des intérêts, solliciter des réparations ou se tromper. Une enquête peut établir un conflit d’intérêts, une déclaration inexacte ou une tactique de communication. Le classement apparaît quand la pièce érige ce fait en mécanisme des Juifs, attribue à l’organisation un mandat collectif ou présente toute réparation comme le produit d’un chantage mémoriel. Une critique institutionnelle se discute sur ses pièces. Une essence collective ne se documente pas en ajoutant une étoile de David.
Il faut aussi séparer deux objets voisins. Instrumentalisation de la Shoah porte sur l’accusation d’instrumentaliser la Shoah. Instrumentalisation de l’antisémitisme porte sur l’accusation d’instrumentaliser l’antisémitisme, par exemple lorsqu’une personne soutient qu’une accusation d’antisémitisme a été fabriquée pour faire taire une critique. Les deux récits se croisent souvent, mais une seule phrase ne suffit pas à les fusionner. Sans objet Shoah, Instrumentalisation de la Shoah ne s’applique pas. Sans accusation portant sur l’antisémitisme, Instrumentalisation de l’antisémitisme ne s’applique pas.
Enfin, les mots ne rendent pas le verdict. « Industrie de l’Holocauste », « Shoah business », « instrumentalisation », « chantage » ou « carte mémorielle » peuvent annoncer le récit, citer un titre, résumer une controverse ou critiquer un usage réellement établi. Never Again peut servir un universalisme conséquent. Une question peut être sincère. Une citation peut être une réfutation. Il faut le passage, son auteur et son contexte immédiat. Le lexique ouvre l’enquête ; il ne la ferme pas.
Dans notre corpus
Corpus en consolidation
Le cas de Roger Garaudy montre pourquoi une formule ne peut être séparée de son voisinage. Dans Les mythes fondateurs de la politique israélienne, « Shoah business » apparaît avec une mise en cause des témoignages et des chambres à gaz, puis avec l’affirmation d’un prétendu lobby capable de contrôler les médias et de manipuler l’opinion. Le bénéfice allégué est financier et politique ; l’agent déborde des responsables nommés pour viser la communauté juive sous le terme de « sionistes ».
L’état judiciaire doit rester exact. Le 12 septembre 2000, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé contre un arrêt de la cour d’appel de Paris du 16 décembre 1998. Cet arrêt avait condamné Garaudy pour diffamation publique envers un groupe de personnes et pour provocation à la haine ou à la violence, à trois mois d’emprisonnement avec sursis et 20 000 francs d’amende. Dans une décision connexe rendue le même jour, elle a aussi rejeté son pourvoi contre une condamnation à six mois d’emprisonnement avec sursis et 50 000 francs d’amende pour complicité de contestation de crime contre l’humanité. La Cour de cassation rapporte les passages poursuivis et valide l’analyse de leur sens en contexte. Ces décisions établissent l’issue de ces procédures et documentent les propos. Elles ne nous autorisent pas à transmettre mécaniquement une qualification à chaque phrase de l’ouvrage, ni à chaque personne qui le cite.
Le dessin de la « caisse enregistreuse », attribué à Zéon et publié le 1er juin 2016 par Égalité et Réconciliation, donne un second cas, avec une issue différente. La composition associe l’entrée d’Auschwitz, le nombre de six millions, des rails, des liasses de billets, une clé en forme d’étoile de David, la loi Fabius-Gayssot et l’expression « Shoah business ». Le 1er septembre 2020, la Cour de cassation a repris le sens retenu par les juges d’appel : le dessin imputait aux Juifs l’exploitation de la mémoire des victimes afin d’en tirer notamment un profit financier.
Mais elle a rejeté les pourvois contre la relaxe. La cour d’appel avait jugé que, même attentatoire à l’honneur et à la considération, le dessin ne contenait pas d’exhortation explicite ou implicite à la discrimination, à la haine ou à la violence, infraction alors poursuivie. Le tribunal correctionnel avait d’abord déclaré les prévenus coupables ; la cour d’appel les avait relaxés ; la Cour de cassation a confirmé cette issue en rejetant les recours. Écrire que Zéon aurait été condamné pour ce dessin serait donc faux. Dire que la décision empêche d’en analyser la proposition le serait aussi. Le droit a tranché une infraction précise. La question posée ici est différente : elle porte sur ce que l’énoncé accomplit, et sa réponse ne se déduit pas de la première.
Le cas Norman Finkelstein impose une autre retenue. Le titre L’industrie de l’Holocauste ressemble au code, mais un titre n’est pas un corpus. L’ouvrage avance des accusations contre des organisations déterminées, à partir de faits et de documents qui ont suscité des réponses et une controverse durable. Il faut donc examiner les passages précis : quelle organisation est visée, quel acte lui est attribué, quelle pièce est fournie, quelle réponse existe, et le propos reste-t-il institutionnel ou généralise-t-il aux Juifs ? Sans cette instruction contradictoire, le cas demeure ambigu. Classer l’ouvrage en bloc reviendrait à remplacer la lecture par sa couverture. Mauvaise affaire, pour un observatoire du langage.
Généalogie
Ce récit se développe après 1945 autour de la mémoire du génocide. Il prête aux Juifs une exploitation collective du crime dont ils ont été victimes. La recherche allemande et autrichienne l’étudie sous le nom d’antisémitisme secondaire : une hostilité suscitée par le rappel du crime et des responsabilités. Elle peut reprendre des préjugés plus anciens, notamment sur l’argent et le pouvoir. La forme financière est fixée en 1976 par un pamphlet du négationniste américain Austin J. App, The Six Million Swindle, qui soutient que des cadavres fabriqués servent à faire chanter la société. La forme mémorielle l’est en 1998, par le discours de l’écrivain allemand Martin Walser à la Paulskirche : il y dénonce la « représentation permanente de notre honte » comme servant l’« instrumentalisation de notre honte à des fins présentes », et l’usage d’Auschwitz par les médias comme un « gourdin moral ». L’agent qu’il désigne est la presse allemande, pas les Juifs : le vocabulaire du reproche précède de loin le franchissement.
La mémoire de la Shoah n’a pas été produite par un centre unique. Des survivants ont témoigné et archivé ; des chercheurs ont établi les faits ; des associations ont porté des demandes ; des artistes ont construit des formes ; des tribunaux, des parlements, des écoles, des musées et des gouvernements ont progressivement inscrit ce passé dans l’espace public. Les rythmes ont varié selon les pays. Les buts aussi.
À partir des années 1970 et 1980, les procès, la télévision, le cinéma et l’action de la seconde génération ont élargi la présence publique du génocide. Dans les décennies suivantes, cette mémoire est devenue un cadre de réparations, de commémoration, d’éducation civique et de comparaison avec d’autres crimes de masse. Cette histoire contient des choix politiques, des controverses et des institutions. Elle ne contient pas, par ce seul fait, un poste de commande juif.
Les travaux sur les politiques mémorielles offrent ici un contrepoint décisif. L’étude de la catégorie des Justes montre des objectifs diplomatiques initiaux, puis leur transformation lors du passage d’Israël à la France, l’intervention de l’État, du Parlement et d’acteurs sociaux, enfin une coproduction qui ne se réduit ni à une pression communautaire, ni à une mémoire imposée d’en haut.
Le versant français se date lui aussi, et par des actes d’État. La loi israélienne de 1953 crée Yad Vashem et, avec lui, la distinction de Juste parmi les nations. En France, un décret de 1993 institue une journée nationale à la mémoire des victimes des persécutions racistes et antisémites de l’État français ; le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français ; la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations est créée en 1999 ; la loi du 10 juillet 2000 ajoute à cette journée l’hommage aux Justes de France ; le 18 janvier 2007, une cérémonie au Panthéon leur rend hommage au nom de la nation. Chacune de ces dates est une décision publique, prise par une autorité identifiable, et aucune ne procède d’un centre unique. On peut donc employer les mots stratégie, instrument ou objectif politique sans fabriquer une conspiration. La précision ne blanchit pas le pouvoir. Elle permet de voir qui fait quoi.
Le récit antisémite effectue le mouvement inverse. Il compresse cette pluralité en un agent, puis transforme l’effet public de la mémoire en intention secrète. Les réparations deviennent une rente, la commémoration un chantage, l’enseignement un dressage, la lutte contre la falsification une loi faite pour les Juifs. Comme si des institutions distinctes répondaient à une direction commune ; comme si toute mémoire avait un bénéficiaire unique ; comme si, enfin, la persistance du fait historique prouvait le commerce qu’on lui impute. Le récit conclut alors sans avoir examiné une seule de ces institutions.
Ce que ce récit fait
Il déplace la charge de la preuve. Au lieu d’établir une opération, un acteur et un gain, il demande aux victimes et à leurs descendants de prouver qu’ils ne tirent rien de leur propre histoire. Toute réponse devient suspecte : se taire confirmerait le calcul, répondre montrerait l’efficacité du tabou.
Il transforme la réparation en enrichissement. Or une réparation reconnaît un dommage, identifie des ayants droit, fixe des règles et peut être discutée sur ses montants, ses exclusions ou ses lenteurs. Rien de cela n’interdit l’enquête. Le raccourci consiste à passer de litiges réels à une disposition collective : les victimes ne recevraient plus une réparation, « les Juifs » monnayeraient leur souffrance. Le dessin de 2016 en donne le montage exact : la loi que ce dessin nomme et la caisse pleine de billets y occupent la même image, si bien que la règle de droit devient l’instrument d’encaissement. Le raccourci retire ainsi du tableau l’institution, ses règles et ses litiges, et laisse à leur place un groupe supposé encaisser.
Il protège les falsifications historiques. Garaudy n’employait pas seulement une formule sur l’argent. Il l’articulait à une remise en cause des moyens d’extermination et des témoignages, de sorte que le profit supposé devenait l’explication du prétendu mensonge. Mais les deux propositions restent distinctes. Une accusation d’instrumentalisation peut reconnaître entièrement le génocide ; une négation de la Shoah exige une falsification historique propre. Confondre les codes rendrait l’analyse plus bruyante et moins juste.
Le dommage politique est plus large. Une critique légitime d’un gouvernement ou d’une organisation perd sa prise lorsqu’elle explique l’acte par une volonté juive générale. Les procédures, les budgets, les discours et les responsables réels sortent du cadre. Il reste un groupe réputé gagner à tous les coups, jusque dans son extermination. Ce raccourci ancien se présente dans le vocabulaire de l’audit et de la transparence, sans porter aucune des exigences de l’un ni de l’autre.
Comment répondre
On peut commencer par quatre questions simples : quel objet de la Shoah est mobilisé ? Qui est l’agent exact ? Quelle action stratégique lui est attribuée ? Quel bénéfice en retirerait-il ? Une réponse vague à l’une de ces questions signale une pièce manquante, pas une invitation à compléter le récit nous-mêmes.
Puis on remet l’accusation à l’épreuve des faits. Le discours invoqué existe-t-il ? La cérémonie avait-elle la finalité alléguée ? Le financement, la réparation ou la campagne sont-ils décrits par des documents ? Une réponse indépendante contredit-elle la chronologie ou le montant ? L’accusation a-t-elle été formulée avant que les faits soient connus ? Une critique précise peut être vraie. Le seul moyen de la protéger du soupçon automatique est de l’instruire avec la même rigueur que ce qu’elle accuse.
Il faut ensuite surveiller le passage d’échelle. Un ministre devient-il Israël ? Israël devient-il les organisations juives ? Une organisation devient-elle les Juifs ? Un usage ponctuel devient-il une stratégie permanente ? Une somme versée devient-elle une cupidité collective ? Chacune de ces généralisations doit être démontrée. Une identité connue n’en fournit aucune.
Pour une image, on décrit avant d’interpréter : objets représentés, textes, symboles, relation entre eux, auteur, publication et date. Dans le dessin de 2016, l’accusation apparaît dans l’association entre Auschwitz, six millions, l’étoile de David, la loi et la caisse pleine de billets, et non par le seul mot « business ». La syntaxe visuelle compte autant que son inventaire.
Enfin, on garde les responsabilités séparées. L’auteur d’un dessin, le directeur d’une publication, le site qui l’héberge, la personne qui le cite pour le dénoncer et celle qui l’approuve n’accomplissent pas le même acte. La présence de Instrumentalisation de la Shoah n’établit ni négation de la Shoah, ni cupidité, ni influence, ni mensonge, ni analogie nazie. Chaque code exige une proposition, un passage et une attribution. Sinon, un premier classement en entraînerait d’autres sans preuve supplémentaire.
Sources et crédit
Concepts liés
- Instrumentalisation de l’antisémitisme : l’objet est l’accusation ou la lutte contre l’antisémitisme, non la Shoah.
- Relativisation / Déformation / Négation de la Shoah : une falsification historique doit être établie séparément.
- Tourner la page de la Shoah : demander la fin d’une commémoration ou de poursuites est une autre proposition.
- Donneur de leçons (Mahner) : reprocher aux Juifs de rappeler la Shoah exige un acte de rappel propre.
- Tabou de la critique : affirmer que la Shoah interdit toute critique exige une interdiction générale.
- Cupidité / Exploitation / Capitalisme : un avantage financier allégué ne suffit pas à établir une cupidité juive.
- Contrôle des médias, de la politique et de l’économie : l’influence ou le pouvoir doivent faire l’objet d’une proposition distincte.
- Mensonge / Duplicité / Hypocrisie : une stratégie alléguée ne prouve aucune nature mensongère collective.
- Les Juifs rendus responsables de l’antisémitisme : rendre les Juifs responsables de l’antisémitisme qu’ils subissent est une proposition distincte.
- Analogie nazie : mentionner Auschwitz ou Never Again n’établit pas une comparaison au nazisme.
Ces liens ouvrent des vérifications. Ils ne transmettent aucune qualification.
Cas français et décisions
- Cour de cassation, chambre criminelle, 12 septembre 2000, no 98-88.203, rejet du pourvoi de Roger Garaudy contre sa condamnation pour diffamation publique et provocation à la haine ou à la violence. https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007584928
- Cour de cassation, chambre criminelle, 12 septembre 2000, no 98-88.204, rejet du pourvoi contre la condamnation pour complicité de contestation de crime contre l’humanité, six mois d’emprisonnement avec sursis et 50 000 francs d’amende. La cour d’appel de Paris a rendu le 16 décembre 1998 plusieurs arrêts distincts contre le même requérant, dont chacun a fait l’objet d’un pourvoi rejeté le même jour ; le no 98-88.200, cité par Relativisation / Déformation / Négation de la Shoah, en vise un autre. https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007584931
- Benjamin Netanyahou, discours devant le 37e Congrès sioniste mondial, Jérusalem, 20 octobre 2015, dans le recueil de discours publié par les services officiels israéliens. https://foi.gov.il/sites/default/files/%D7%AA%D7%A9%D7%95%D7%91%D7%94%20%D7%A0%D7%90%D7%95%D7%9E%D7%99%D7%9D%20%D7%95%D7%9E%D7%90%D7%9E%D7%A8%D7%99%D7%9D%202.pdf
- Compte rendu de la déclaration et des réactions, France 24, 21 octobre 2015. https://www.france24.com/en/20151021-netanyahu-claims-palestinians-inspired-holocaust-mufti-hussein-hitler-nazi
- Rectification publiée par Benjamin Netanyahou le 30 octobre 2015, pièce primaire identifiée par le German Historical Institute. https://www.facebook.com/Netanyahu/posts/10153262682842076
- Loi no 2000-644 du 10 juillet 2000 instaurant une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000571650
- Hommage de la nation aux Justes de France au Panthéon, 18 janvier 2007. https://www.gouvernement.fr/partage/8767-archivesgouv-18-janvier-2007-les-justes-de-france-entrent-au-pantheon
- Cour de cassation, chambre criminelle, 1er septembre 2020, no 19-84.102, rejet des pourvois contre la relaxe dans l’affaire du dessin de la caisse enregistreuse. https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000043167107
Histoire, contre-enquêtes et contre-exemples
- Sébastien Ledoux, « Mémoire de la Shoah », Sciences Po, état de la littérature sur la construction et les usages publics de cette mémoire. https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/memoire-de-la-shoah.html
- Sarah Gensburger, Les Justes de France. Politiques publiques de la mémoire, Presses de Sciences Po, 2010 ; compte rendu de Simon Perego dans Histoire Politique. https://journals.openedition.org/histoirepolitique/17822?lang=fr
- Boaz Cohen, « L’historiographie israélienne de la Shoah », traduit de l’hébreu par Claire Drevon, Revue d’histoire de la Shoah, no 188, 2008, p. 47 à 92. https://doi.org/10.3917/rhsho.188.0047 https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-shoah-2008-1-page-47?lang=fr
- Étude de l’enseignement de la Shoah dans les écoles juives, critique institutionnelle bornée et argumentée. https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-shoah-2010-2-page-173?lang=fr&tab=texte-integral
- Guillaume Courty, note critique sur les controverses françaises et sur la nécessité de lire les travaux au-delà de leurs mobilisations polémiques, Politix, 2003, p. 202 à 208. https://doi.org/10.3406/polix.2003.1301
Crédit et adaptation
Cette fiche adapte une catégorie publiée sous licence CC BY 4.0. Doykayt sépare l’accusation d’instrumentaliser la Shoah de celle d’instrumentaliser l’antisémitisme ; exige objet, agent, action stratégique et bénéfice ; refuse de classer un ouvrage ou un propos sur son seul titre ou sur une formule ; et maintient au contre-exemple toute critique précise, vérifiable et sans transfert collectif.
- Matthias J. Becker, « Instrumentalisation of Antisemitism and the Holocaust », dans Matthias J. Becker, Hagen Troschke, Matthew Bolton et Alexis Chapelan, dir., Decoding Antisemitism: A Guide to Identifying Antisemitism Online, Springer, 2024, p. 273 à 288. https://doi.org/10.1007/978-3-031-49238-9_20
- Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
Fiche issue du référentiel éditorial Doykayt et publiée avec l'ensemble des 44 préjugés documentés.