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Instrumentalisation de l’antisémitisme

Une fiche de lecture pour identifier le mécanisme, vérifier sa frontière et répondre sans automatisme.

Définition

Contester une accusation d’antisémitisme n’est pas automatiquement antisémite. Une accusation peut être exacte, trop large, mal qualifiée, insuffisamment prouvée ou même mensongère. On doit pouvoir le dire. Le problème commence lorsqu’une contestation précise devient le récit d’une stratégie juive collective : les Juifs fabriqueraient les accusations, organiseraient leur diffusion ou mobiliseraient la lutte contre l’antisémitisme pour obtenir de l’argent, du pouvoir, une immunité ou le silence de leurs adversaires.

Ce récit a deux formes principales. Dans la première, un incident ou une accusation aurait été inventé par des Juifs pour produire un avantage. Dans la seconde, une accusation, une définition, une loi ou une politique de prévention serait une arme dont ils se serviraient sciemment pour dominer le débat. Dans les deux cas, ce n’est pas le mot « instrumentalisation » qui tranche. Il faut établir toute la mécanique.

Le seuil comporte dix questions, qui ne se remplacent pas les unes les autres :

  1. La personne endosse-t-elle la thèse, ou se contente-t-elle de la citer, de l’étudier, de la parodier ou de la réfuter ?
  2. Qui est l’agent allégué : une personne, une organisation, Israël, « les sionistes », les Juifs ou un pronom dont le contexte permet vraiment de résoudre la cible ?
  3. Quel est l’instrument exact : une accusation, un signalement, une définition, une loi, un programme éducatif ou une politique de prévention ?
  4. Quelle finalité est imputée : enrichissement, influence, impunité, protection d’Israël, dissimulation ou silence imposé ?
  5. Quel acte de mauvaise foi est allégué : fabrication, exagération consciente, accusation sciemment fausse, coordination ou usage cynique ? Une erreur ne suffit pas.
  6. Comment passe-t-on de l’acteur nommé aux Juifs collectivement ? L’identité juive d’une personne, pas plus que la nationalité israélienne d’une institution, ne fournit ce pont à elle seule.
  7. Quel stéréotype soutient le passage : tromperie collective, avidité, pouvoir caché, contrôle, solidarité automatique ou capacité exceptionnelle à faire taire ?
  8. Quelle était l’accusation initiale ? Il faut garder le propos déclaré antisémite, son auteur, la personne qui l’a qualifié et les critères invoqués.
  9. Que prouve-t-on de chaque côté ? La solidité de l’accusation initiale et celle de la stratégie alléguée sont deux états de preuve distincts.
  10. Le propos tient-il l’accusation d’antisémitisme pour plus grave que l’antisémitisme qu’elle allègue ? Ce déplacement écarte la question posée au lieu d’y répondre. Il signale le mécanisme et ne dispense pas de répondre aux questions 6 et 7.

Les deux états de preuve restent séparés. Une accusation initiale peut être fausse sans avoir été fabriquée par un collectif juif. Elle peut être fondée tandis qu’une institution l’utilise ensuite de façon opportuniste. Elle peut encore être contestée sans que personne ait démontré une manipulation. Deux propositions distinctes appellent deux preuves distinctes. À défaut, la première tient lieu de démonstration pour la seconde.

Ce classement porte sur ce qu’un énoncé communique, pas sur l’intention de qui l’écrit : la mauvaise foi que le seuil demande est celle que l’énoncé impute à d’autres, jamais celle qu’on prêterait à son auteur. Constater qu’un énoncé relève du concept et conclure à l’antisémitisme sont deux résultats distincts, que nous conservons séparément.

La frontière

Le désaccord est ici non seulement possible, mais nécessaire. Chercheurs, militants, juges, associations et institutions publiques ne donnent pas toujours la même extension au mot « antisémitisme ». David Hirsh a nommé Livingstone formulation une réponse qui transforme le signalement d’un antisémitisme en contre-accusation de mauvaise foi, destinée à disqualifier celui qui l’a formulé. Mais il pose lui-même une réserve essentielle : l’antisémitisme peut être invoqué sans justification, voire de mauvaise foi, et une réfutation mesurée et rationnelle doit rester possible. Le concept décrit donc un mécanisme. Il ne distribue pas les verdicts.

On ne classe pas une phrase parce qu’elle affirme qu’une accusation a servi à faire taire, parce qu’elle critique une définition ou parce qu’elle conteste une sanction. Il faut encore prouver l’intention stratégique alléguée, la finalité, le passage vers les Juifs collectivement et le stéréotype qui porte ce passage. Une association juive peut commettre un abus. Un gouvernement israélien peut défendre ses intérêts. Une accusation peut manquer de base factuelle. Décrire l’un de ces faits au grain de la pièce ne revient pas à inventer une puissance juive qui commanderait l’ensemble du débat.

Les frontières avec les récits voisins aident à ne pas taper à côté. Nier l’antisémitisme d’un fait précis relève de Relativisation et négation de l’antisémitisme. Accuser des acteurs d’exploiter la mémoire de la Shoah relève de Instrumentalisation de la Shoah. Soutenir qu’une critique d’Israël est devenue indicible relève de Tabou de la critique. Faire des Juifs ou d’Israël la cause de l’antisémitisme relève de Responsabilité de l’antisémitisme. Une coordination secrète plus large peut relever de Complot, et un bénéfice financier de Cupidité / Exploitation / Capitalisme. Une même publication peut contenir plusieurs de ces propositions, mais seulement si chaque segment remplit son propre seuil. Rien ne se transmet par proximité.

Les travaux de Dov Waxman, David Schraub et Adam Hosein montrent en outre que des approches scientifiques concurrentes existent réellement. Il est donc possible de discuter un critère, une méthode ou une qualification sans soupçonner les Juifs. D’autres recherches étudient expressément les usages politiques de l’accusation d’antisémitisme. Là encore, le sujet est légitime. Le propos bascule à une condition précise : que le raccourci remplace un acteur documenté par un collectif juif trompeur et omnipotent.

Dans notre corpus

Corpus en consolidation

Le corpus français et européen montre surtout pourquoi une recherche par mots-clés échouerait. Les mêmes termes peuvent apparaître dans une contestation fondée, dans une décision nuancée ou dans une généralisation antisémite. Il faut conserver la pièce, la réponse et l’état de la procédure.

L’affaire Gil Ofarim fournit un vrai contre-exemple. En octobre 2021, le musicien avait affirmé qu’un employé d’un hôtel de Leipzig lui avait demandé de retirer son étoile de David avant de le servir. En mars 2022, le parquet de Leipzig a annoncé que l’enquête visant l’employé était classée faute de soupçon suffisant et qu’Ofarim était poursuivi. Le 28 novembre 2023, le tribunal a indiqué que son récit avait été contredit par un témoin neutre, les vidéos et une expertise. Ofarim a reconnu les faits reprochés et présenté ses excuses ; la procédure a alors été suspendue sous conditions, avec des versements imposés. Dire que cette accusation précise était fausse repose sur une enquête et sur cet aveu. En déduire que les Juifs fabriquent les agressions antisémites serait une proposition nouvelle, collective, que l’affaire ne prouve en rien.

La CNCDH donne un second contre-exemple. Le 7 avril 2026, elle a alerté sur une proposition de loi portée par Caroline Yadan, qu’elle jugeait trop imprécise et dangereuse pour les libertés d’expression et académique. Elle contestait notamment l’affirmation d’un lien nécessaire entre haine des Juifs et haine d’Israël. Dans le même document, elle qualifiait d’indéniable la recrudescence des actes antisémites après le 7 octobre 2023 et demandait l’application effective des infractions déjà prévues par la loi de 1881. On peut donc reconnaître un danger antisémite et refuser une extension juridique. La contradiction n’est qu’apparente : elle s’appelle contrôler la norme.

La décision du Conseil d’État du 20 février 2025 sur le Collectif Palestine Vaincra oblige à la même précision. Le Conseil n’a pas considéré que les positions antisionistes propres du collectif constituaient, par elles-mêmes, des propos antisémites. Il a cependant relevé sous certaines publications des commentaires de tiers agressifs, parfois explicitement antisémites, qui visaient notamment l’ensemble des citoyens israéliens juifs sous le mot « sionistes ». Il les a imputés au collectif en raison d’une modération insuffisante et a maintenu la dissolution sur ce fondement. La critique d’Israël ne reçoit donc pas automatiquement la qualification ; les commentaires de tiers ne disparaissent pas pour autant. Une attribution exacte permet de tenir les deux faits.

Dans Baldassi et autres c. France, le 11 juin 2020, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que la condamnation de militants appelant au boycott de produits israéliens avait violé leur liberté d’expression. Elle a traité leur action comme une expression politique portant sur un sujet d’intérêt général, tout en rappelant qu’un appel au boycott pouvait perdre cette protection selon son contenu et son contexte. Cette décision protège l’action jugée ; elle ne certifie pas chaque propos tenu au nom du boycott. Là encore, le périmètre compte.

Les décisions françaises sur la qualification d’antisémitisme vont dans le même sens. Le 7 janvier 2020, la Cour de cassation a traité l’expression « écrivain assez antisémite » comme un jugement de valeur, non comme l’imputation d’un fait précis. Dans une décision du 1er mars 2011, elle a examiné la base factuelle et la prudence d’une accusation de complaisance envers des excès antisémites. Ces arrêts ne produisent pas une définition générale du phénomène ; ils rappellent qu’une accusation doit être instruite dans son contexte juridique et documentaire.

L’exigence joue aussi dans l’autre sens. En 2012, la Cour de cassation a examiné un spectacle où se combinaient étoile jaune, tenue de déporté, présence d’un négationniste, geste injurieux et candélabre caricatural. En 2021, elle a cassé une relaxe parce que les juges n’avaient pas examiné l’ensemble d’un montage associant le nom « Rude Goy Bit », le mot « parasites », des portraits en flammes, le CRIF, i24 News, des personnalités juives et une banque réduite aux Rothschild. La Cour n’a pas elle-même prononcé une condamnation dans ce second arrêt. Elle a exigé un examen complet. Répondre à ces compositions par « on ne peut plus critiquer l’humour, les médias ou la finance » efface les pièces initiales. Accuser en plus les Juifs d’avoir monté l’affaire pour faire taire transformerait ce déni éventuel en un récit distinct d’instrumentalisation.

Généalogie

Ce récit est récent. Avant les crimes nazis, l’antisémitisme était assez acceptable socialement pour que reprocher à quelqu’un de l’instrumentaliser ne discrédite personne. L’idée que les Juifs, ou Israël, exploitent l’hostilité qui les vise afin d’écarter les critiques est un produit des discours d’après 1945. En Allemagne et en Autriche, elle est un élément central de ce que la recherche décrit depuis 1961 sous le nom d’antisémitisme secondaire. Le lexique a suivi : « jouer la carte de l’antisémitisme », ou en allemand « brandir le gourdin de l’antisémitisme », présentent la dénonciation à la fois comme une manœuvre calculée et comme un coup porté à l’adversaire.

Le trajet entre 1961 et les usages d’aujourd’hui reste lacunaire, et mieux vaut le dire. Deux jalons souvent invoqués portent en réalité sur l’exploitation alléguée de la mémoire de la Shoah, objet de Instrumentalisation de la Shoah : le 11 octobre 1998, à la Paulskirche de Francfort, Martin Walser déclare qu’Auschwitz ne se prête pas à devenir une routine de menace, un moyen d’intimidation disponible à tout moment, une Moralkeule, une massue morale, ou même un simple exercice obligatoire ; en 2000, Norman Finkelstein publie The Holocaust Industry, où il soutient que l’establishment juif américain d’après-guerre exploite la mémoire du génocide à des fins politiques et financières. Aucune pièce réunie ici ne fait de ces deux moments la source des usages actuels de l’accusation d’instrumentaliser l’antisémitisme. Pour cette accusation, le jalon daté suivant est de 2010 : David Hirsh consacre un article à ce qu’il appelle la « formulation Livingstone », le geste qui consiste à répondre à un signalement d’antisémitisme en lui prêtant d’emblée une intention tactique. L’intervalle entre 1961 et 2010 reste vide dans nos pièces. Aucun de ces moments ne franchit à lui seul le seuil décrit plus haut : ce qui le franchirait est l’attribution du procédé aux Juifs comme collectif.

Le soupçon prospère sur une difficulté réelle : l’antisémitisme est à la fois un phénomène social, une catégorie historique, un objet de droit, une expérience vécue et un enjeu politique. Ces plans ne se recouvrent pas parfaitement. Un juge peut protéger un propos qu’un historien trouve antisémite ; une institution peut proposer une catégorie qu’un juriste estime trop vague ; un militant peut dénoncer une stratégie de communication sans avoir établi une haine. Faire comme si tous ces désaccords étaient impossibles donnerait au soupçon son meilleur carburant.

Mais l’explication par la manipulation collective offre une sortie trop confortable. Qui l’adopte n’a plus à demander ce qui a été dit, par qui, à quelle cible et selon quel critère : il lui suffit de prêter au signalement une fonction cachée et de lui désigner un bénéficiaire. Une association, un gouvernement, un journaliste et une personne juive tiennent alors le même rôle. L’accusation devient irréfutable : si on la conteste, on prouverait que la machine fonctionne ; si on ne la conteste pas, elle triompherait en silence. Aucune observation ne peut donc la mettre en défaut, et elle n’établit rien.

Ce récit réactive des représentations plus anciennes de la tromperie, du pouvoir occulte et de la solidarité juive automatique. Il ne se contente pas d’affirmer qu’un acteur a défendu ses intérêts, ce que font quotidiennement gouvernements, partis et associations. Il attribue aux Juifs une capacité collective à fabriquer la réalité sociale, à commander les institutions et à se placer hors d’atteinte. Ce saut, moins spectaculaire qu’un slogan et plus structurant, est ce qu’il faut documenter.

Ce que ce récit fait

Il renverse la charge de la preuve. La personne qui signale un propos doit démontrer non seulement son analyse, mais aussi qu’elle n’agit pas pour de l’argent, pour Israël, pour une organisation ou pour un collectif imaginaire. Son identité devient un mobile. Le propos initial, lui, sort du champ.

Le récit rend l’antisémitisme presque impossible à nommer. Toute alerte devient suspecte, toute institution une pièce du dispositif, toute réponse une tentative de bâillonner. Ceux qui partagent pourtant l’espace politique visé apprennent vite le prix de la parole : apporter une pièce ne suffit plus, il faudrait d’abord prouver que l’on n’est pas l’instrument de ceux dont on parle. La critique se transforme en procès d’appartenance.

Ce récit dépolitise ce qu’il prétend dévoiler. Une loi peut être combattue pour son imprécision. Une sanction peut être disproportionnée. Un gouvernement peut instrumentaliser une polémique. Une organisation peut accuser à tort. Mais ces conflits ont des acteurs, des textes, des compétences et des rapports de force distincts. Les fondre dans « les Juifs utilisent l’antisémitisme » remplace l’analyse des institutions par un personnage collectif. La formule paraît radicale et fait pourtant disparaître les acteurs qu’une critique devrait nommer.

Un commentaire qui s’ouvre sur l’inquiétude que lui inspire l’antisémitisme, puis enchaîne l’instrumentalisation alléguée sur une exclusion des Juifs qu’il dit croissante, peut banaliser le récit plus efficacement qu’une déclaration ouvertement hostile, parce qu’il l’installe dans un registre où la seconde serait rejetée. L’appréciation est de Matthias J. Becker, qui la tire de la lecture d’un seul commentaire de son corpus : c’est un mécanisme proposé sur un cas, et non une comparaison mesurée entre deux formes.

Comment répondre

La meilleure réponse n’est pas de déclarer toute contestation illégitime. Ce serait faux, et le lecteur n’a pas besoin qu’on lui retire son esprit critique. Il faut au contraire instruire deux dossiers en parallèle.

Dans le premier, on reconstruit l’accusation initiale. Quel propos est qualifié d’antisémite ? Qui l’a prononcé ? Quelle cible est visée ? Quel critère est invoqué ? La citation est-elle complète ? La qualification est-elle établie, partiellement établie, contestée, réfutée ou encore non instruite ?

Dans le second, on examine l’instrumentalisation alléguée. Qui aurait manipulé l’accusation ? Quel acte observable est avancé ? Quelle finalité ? Quelle preuve de la mauvaise foi, et pas seulement de l’erreur ? Comment l’acte d’une personne ou d’une institution devient-il celui des Juifs ? Quel stéréotype rend ce passage plausible aux yeux de l’auteur ? L’usage stratégique est-il établi, partiellement établi, réfuté ou inconnu ?

La contradiction doit être homologue. Une citation complète répond à une citation tronquée ; une décision définitive répond à une affirmation sur l’état judiciaire ; une enquête sur l’incident répond au récit de l’incident. En revanche, prouver qu’une sanction était disproportionnée ne prouve pas que le signalement était fabriqué, et établir qu’un propos était antisémite ne prouve pas que chaque usage ultérieur de l’accusation était sincère. À chaque proposition sa pièce, son critère, sa réponse et son état de preuve.

Ce test permet quatre réponses honnêtes. On peut reconnaître un propos antisémite et rejeter une théorie de manipulation collective. On peut réfuter une accusation précise sans nier le phénomène général. On peut établir l’usage opportuniste d’une accusation par un acteur nommé sans l’étendre aux Juifs. On peut enfin laisser les deux propositions ouvertes lorsque les pièces manquent. La prudence est ici une discipline de preuve, et non un entre-deux moral.

Le non-héritage protège cette discipline. Une critique d’Israël, du sionisme, d’une définition, d’une loi, d’une sanction ou d’une politique de modération ne transmet rien par elle-même. Une relaxe, une décision protégeant la liberté d’expression ou un signalement réfuté ne transmet rien non plus. L’identité juive d’un acteur ne se transmet ni à son organisation, ni à tous les Juifs ; les propos d’un commentaire ne deviennent pas ceux de la publication qui l’héberge sans acte d’adhésion ou défaut de modération juridiquement établi. On classe le segment qui accomplit le mécanisme, pas la personne entière, son camp ou ses lecteurs.

Sources et crédit

Concepts liés : Relativisation et négation de l’antisémitisme pour le déni ou la minimisation d’un fait antisémite précis ; Instrumentalisation de la Shoah pour l’exploitation alléguée de la mémoire de la Shoah ; Tabou de la critique pour l’affirmation qu’une critique serait interdite ; Responsabilité de l’antisémitisme pour l’attribution de l’antisémitisme aux Juifs ou à Israël ; Complot pour la coordination secrète plus large ; Cupidité / Exploitation / Capitalisme pour une proposition autonome d’avidité collective ; Mensonge / Duplicité / Hypocrisie pour le stéréotype de tromperie collective qui rend la fabrication crédible ; Les Juifs n’ont rien appris du passé pour le reproche de n’avoir rien appris du passé. Aucun de ces codes ne se transmet automatiquement à un autre.

Sources et contre-enquêtes : Matthias J. Becker, « Instrumentalisation of Antisemitism and the Holocaust », p. 273 à 288, DOI 10.1007/978-3-031-49238-9_20 ; David Hirsh, « Accusations of malicious intent in debates about the Palestine-Israel conflict and about antisemitism », transversal, 1/2010, p. 47 et suivantes, texte, repris sous le titre « How Raising the Issue of Antisemitism Puts You Outside the Community of the Progressive: The Livingstone Formulation », dans From Antisemitism to Anti-Zionism, 2019, p. 2 à 28, DOI 10.1515/9781618115669-002 ; Dov Waxman, David Schraub et Adam Hosein, « Arguing about antisemitism: why we disagree about antisemitism, and what we can do about it », Ethnic and Racial Studies, vol. 45, no 9, 2021, p. 1803 à 1824, DOI 10.1080/01419870.2021.1960407 ; Warren S. Goldstein, « The weaponization of antisemitism », Critical Research on Religion, vol. 14, no 1, 2026, p. 3 à 10, DOI 10.1177/20503032261435612.

Jalons datés de la chronologie, pour la branche voisine relevant de Instrumentalisation de la Shoah : Martin Walser, discours de réception du prix de la paix des libraires allemands, Paulskirche de Francfort, 11 octobre 1998 ; Norman G. Finkelstein, The Holocaust Industry: Reflections on the Exploitation of Jewish Suffering, Verso, 2000.

Pièces institutionnelles et judiciaires : alerte de la CNCDH du 7 avril 2026 ; lettre de la CNCDH ; Conseil d’État, 20 février 2025, no 462981 ; CEDH, Baldassi et autres c. France ; Cour de cassation, 7 janvier 2020, no 19-82.581, 1er mars 2011, no 10-83.225, 16 octobre 2012, no 11-82.866 et 5 octobre 2021, no 20-87.163 ; parquet de Leipzig, 31 mars 2022 et tribunal de Leipzig, 28 novembre 2023.

Cette adaptation française distingue l’accusation initiale de l’usage stratégique allégué, sépare l’antisémitisme de la Shoah comme objets d’instrumentalisation, ajoute les états de preuve, les décisions françaises et européennes, les contre-exemples et la règle de non-héritage. Source adaptée sous licence CC BY 4.0 : attribution, lien vers la licence et indication des modifications. Licence Creative Commons Attribution 4.0.

Observatoire

Pièces liées à ce concept

Ces éléments documentent des usages. Ils ne remplacent jamais le seuil expliqué dans la fiche.
« In the early 21st century, they staged counterprotests during gay pride marches in Jerusalem, against perceived violations of religious laws regarding gender and sexuality. »
« Cortège Samidoun-Tsedek-AFA : « Contre le sionisme, contre le suprémacisme blanc, contre le fascisme partout à travers le monde. » »
« Mustafa Cakici vient d’être démis de ses fonctions de porte-parole de la flottille Waves of Freedom pour ses propos antisémites, homophobes et contre le mouvement d’autonomie des kurdes. Si tout le monde peut changer, en l’occurrence Mustafa Cakici assume ses propos relayés par des centaines de posts depuis 10 ans et considère des propos antisémites comme étant antisionistes. Cette position ne peut servir la cause palestinienne et ne fait qu’entretenir la confusion. L’UJFP soutient cette décision de la flottille à l’encontre de Mustafa Cakici. Il apparaît que celui-ci s’est réclamé de son appartenance à l’UJFP. Cette personne a effectivement adhéré à l’UJFP en ligne ; aucune enquête a posteriori n’a malheureusement été effectuée. Mustafa Cakici n’a jamais participé à quelque réunion de l’UJFP que ce soit et n’a jamais pris quelque position ou décision que ce soit au nom de l’association. La Coordination nationale, conformément à nos statuts, suspend immédiatement Mustafa Cakici, compte tenu de ses propos et positions contraires aux fondamentaux et aux engagements de l’UJFP et en totale contradiction avec les valeurs de notre association. La Coordination nationale soumettra une proposition d’exclusion à la prochaine Assemblée générale. »
« « En défendant Georges Abdallah [militant propalestinien récemment libéré après 40 ans de prison, NDLR], nous étions préparés à ce soutien inconditionnel à la résistance héroïque du peuple palestinien, à cette résistance qui passe principalement par la lutte armée. Et donc le 7-Octobre, nous y étions prêts », a poursuivi l'intervenante. Avant d'ajouter : « Nous revendiquons le 7-Octobre. » »
« Mise au point suite au texte antisémite : Manifestation de l’UJFP pour la paix à Gaza (sept 2022) ©Getty – Horacio Villalobos L’UJFP a publié le 14 juin un texte dont nous ne sommes pas les auteurs et qui comporte des éléments relevant d’un discours complotiste et antisémite. Nous remercions sincèrement celles et ceux qui nous ont alertés et qui, à juste titre, ne comprenaient pas la présence de cette publication sur notre site. Il va de soi que ce texte, qui n’est pas un texte de l’UJFP mais une traduction de l’anglais, ne correspond pas aux orientations de l’UJFP, dont un des axes est la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, dont bien entendu l’antisémitisme, qui nous concerne tout particulièrement. Les attaques contre l’UJFP affirmant que cet article serait représentatif de nos orientations sont infondées et de mauvaise foi. Mais cette défaillance dans le processus de validation et de publication de contenus sur le site de l’UJFP engage notre responsabilité. Nous avons retiré le texte, et la Coordination nationale entame une révision de ses procédures pour que cela ne se reproduise pas, mais aussi une réflexion sur le fond. Alors que l’État colonial israélien et ses complices ne cessent de disqualifier la solidarité avec le peuple palestinien par l’accusation d’antisémitisme, alors que le gouvernement français veut criminaliser l’antisionisme en l’assimilant à l’antisémitisme, l’UJFP présente ses excuses pour cette défaillance, auprès des Juifs et Juives, auprès du mouvement de solidarité et auprès des Palestinien·ne·s. Nous avons bien conscience que ce genre de dysfonctionnement revient à tirer une balle dans le pied du mouvement de solidarité et de l’antisionisme. Nous poursuivrons, plus que jamais, notre mobilisation contre le génocide et le nettoyage ethnique en cours, contre l’apartheid israélien et le colonialisme, et contre le racisme sous toutes ses formes. Car il n’y a pas d’autre solution que l’égalité, ici, en Palestine occupée, partout. La Coordination nationale de l’UJFP, le 22 juin 2025 »
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