Alain Gresh : « Tsahal dans votre salon » (Le Monde diplomatique, mai 2024)
Acteur(s)
Verbatim
« Il est né avant la honte ». (Le passage final est tronqué sur la page publique : « Il a table ouverte (…) ».) »

Analyse
Pour défendre ses intérêts, imposer son récit et faire taire ses contempteurs en se présentant le plus souvent comme victime de ses ennemis arabes, Israël dispose d’un vaste réseau d’ambassadeurs et de propagandistes en tout genre. Sa stratégie est d’autant plus efficace que Tel-Aviv bénéficie de la sympathie de nombreux médias occidentaux.
Jacqueline Béjani. – Détail de l’installation « La Fabrique de l’opinion », 2018
l est né avant la honte ». C’est récemment, en regardant les informations au seuil du Nouvel An 2024, que nous avons débusqué l’individu qui incarne cette savoureuse expression dans toute sa plénitude. La nuit était noire, des roquettes traçaient leur ligne blanche dans le ciel, l’homme ne pouvait cacher son indignation : « À ceux qui se demandent pourquoi Israël doit éliminer le Hamas, voici la réponse. Les terroristes du Hamas bombardent sans distinction les villes israéliennes à minuit pile au moment du passage à la nouvelle année. Israël se doit d’éliminer cette menace une fois pour toutes ! » Aucune victime israélienne n’était à déplorer, mais le 31 décembre, puis le premier de l’an et le jour d’après, sans pause aucune, les bombardements sur Gaza s’étaient poursuivis, faisant 100, 200, 300 morts quotidiens. Une semaine plus tard, le chiffre de 22 000 Palestiniens « neutralisés », dont au moins 30 % d’enfants, sera dépassé. Alors que quelques jours plus tôt, en guise d’étrennes sans doute, un bombardement israélien sur le camp de réfugiés de Maghazi avait fait 100 morts, sur lesquels l’intéressé restera coi. Colonel de réserve de l’armée israélienne né en France, M. Olivier Rafowicz a été un représentant de l’Agence juive, chargée d’aider à l’émigration des Juifs français en Israël, et il est depuis le 7 octobre l’un des porte-parole francophones de l’armée israélienne, tâche qu’il a déjà accomplie lors de précédentes guerres contre Gaza. En 2015, il a rejoint le parti Israel Beitenou (« Israël, notre maison »), d’Avigdor Lieberman, au moment même où ce dernier, ministre des affaires étrangères, étudiait un plan pour « transférer » une partie des Palestiniens citoyens d’Israël hors de l’État — un crime selon le droit international. Ce positionnement à l’extrême droite, où la concurrence est féroce, ne l’empêche pas de développer des relations amicales dans les milieux dirigeants et médiatiques français.
Il a table ouverte sur les plateaux de télévision ou de radio, où il se pavane sans crainte d’être (...)
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Alain Gresh
Directeur du journal en ligne Orient XXI. Auteur de Palestine. Un peuple qui ne veut pas mourir (Les Liens qui libèrent), en librairies le 2 mai, dont ce texte est extrait.
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Ajouté le 13 mai 2024
Mis à jour le 4 février 2026