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Comment Dieudonné est devenu antisémite
Acteur(s)
Marc Caen
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Sa proximité avec les milieux antisémites remonte bien avant son rapprochement avec le Front national et l'Iran d'Ahmadinejad.
Dieudonné a rencontré en Iran le président Mahmoud Ahmadinejad dont la réélection a été qualifiée de truquée par l'opposition qui a multiplié les contestations et est victime d'une répression brutale par le régime islamiste. L'humoriste qualifie pourtant les manifestations qui ont suivi l'élection de Mahmoud Ahmadinejad de «propagande sioniste» et affirme à propos de Clothilde Reiss, la Française arrêtée par les autorités iraniennes et assignée à résidence: «Si son projet est de servir le sionisme, dans ce cas, elle a sa place en prison en Iran».
Un certain nombre de Français continuent de percevoir Dieudonné comme un simple provocateur qui aurait été poussé au radicalisme par un lynchage médiatique unilatéral. Il n'en est rien. Dieudonné tient un discours obsessionnel compulsif - sans aucun second degré - qui s'est cristallisé depuis longtemps et s'est constitué des liens dans les milieux antisémites bien avant son rapprochement spectaculaire avec le Front national.
Chapitre 1 : les prémisses de la haine dès 2002
La polémique Dieudonné naît le 1er décembre 2003 avec son célèbre sketch du rabbin nazi sur le plateau de Fogiel. Pourtant, à cette époque, Dieudonné, ancien militant de gauche, a déjà fait de nombreuses déclarations, autrement plus graves. En janvier 2002, celui qui n'avait pas reçu de financement de la part du CNC pour son film «Le code noir» sur l'esclavage déclare à «Lyon Capitale»: «pour moi, les juifs, c'est une secte, une escroquerie. C'est une des plus graves parce que c'est la première» (il sera condamné, pour la première fois, pour ces propos bien plus tard en février 2007 par la cour de cassation).
Récidive en octobre sur blackmap.com: «étant donné que le noir dans l'inconscient collectif porte la souffrance, le lobby juif ne le supporte pas parce que c'est leur business! Maintenant, il suffit de relever sa manche pour montrer son numéro et avoir droit à la reconnaissance».
Chapitre 2 : Le compagnon de route de la cause palestinienne radicale (2003-2004)
L'affaire du sketch est suivie d'une série de propos violents dans la presse. En janvier 2004 à «The source»: «La population juive n'aime pas que je dénonce certaines de leurs manipulations médiatiques». En février au «JDD»: «ce sont tous des négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd'hui, l'action terroriste qui manifestent leur soutien à la politique d'Ariel Sharon».
A cette époque, Dieudonné est encore soutenu par de nombreuses personnalités. Parallèlement, d'autres personnalités apparaissent dans son entourage: Ginette Skandrani (exclue des Verts pour négationnisme), Serge Thion (exclu du CNRS pour négationnisme), Alain Soral (intellectuel du FN), Maria Poumier (proche du négationniste Roger Garaudy).
Chapitre 3 : Le rapprochement discret avec le FN (2005-fin 2006)
En mars 2005, Dieudonné se solidarise avec Bruno Gollnisch. En juin, il théorise l'utilisation du mot «sioniste»: «je ne prononce pas le mot juif. Après mes différents procès, j'ai compris qu'il pouvait y avoir interprétation sur ce mot alors que sur sioniste, il n'y a pas d'interprétation possible».
Chapitre 4 : Le coming-out frontiste (fin 2006 à aujourd'hui)
Lorsque Dieudonné se rend à la fête du FN au Bourget le 11 novembre 2006, la plupart des médias s'en étonnent. Sa virginité judiciaire cesse avec sa première condamnation pour injure raciale en février 2007. Avec la remise d'un prix au négationniste Robert Faurisson en décembre 2008 au Zénith, il transgresse le tabou ultime.
Description
Enquête de Slate retraçant la chronologie de l'antisémitisme de Dieudonné : ses liens avec les milieux antisémites bien avant son rapprochement avec le FN, ses déclarations depuis 2002, son réseau (Soral, négationnistes, extrême droite).
Contenu
Résumé
Article de référence retraçant la chronologie de l'antisémitisme de Dieudonné, montrant que sa dérive n'est pas récente mais structurelle.
Chronologie établie par l'article
2002 - Prémisses
- Janvier 2002 : "pour moi, les juifs, c'est une secte, une escroquerie" (Lyon Capitale) - Octobre 2002 : propos sur le "lobby juif" et la Shoah (blackmap.com)2003-2004 - Cause palestinienne radicale
- Décembre 2003 : sketch du rabbin nazi chez Fogiel - 2004 : candidature Euro-Palestine - Réseau constitué : Ginette Skandrani, Serge Thion (négationnistes), Alain Soral, Maria Poumier2005-2006 - Rapprochement FN
- Mars 2005 : soutien à Bruno Gollnisch - Avril 2006 : interview au Choc du mois2006-2009 - Coming-out frontiste
- Novembre 2006 : fête du FN au Bourget - Juillet 2008 : baptême par Jean-Marie Le Pen - Décembre 2008 : prix à Robert Faurisson au ZénithSujet(s) mentionné(s)
Ajouté le 28 janvier 2026
Mis à jour le 4 février 2026